mardi 13 février 2018

"L'amant sans domicile fixe" de Carlo Fruttero et de Franco Lucentini

En février, les rendez-vous du club de lecture ont repris. Cette fois-ci, notre libraire nous a proposé un livre écrit à quatre mains "L'amant sans domicile fixe" de Carlo Fruttero et de Franco Lucentini.
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Titre : "L'amant sans domicile fixe"
Auteur : Carlo Fruttero et Franco Lucentini
Traducteur : François Rosso
Genre : Récit
Editeur : Robert Laffont - Pavillons Poche
Parution : 2007 / 448 pages
ISBN : 978-2221109649


Ce qu'en dit l'éditeur : Le premier personnage, ici, c'est Venise - une Venise d'hiver, plus souvent brumeuse qu'ensoleillée, la Venise labyrinthique des rues éloignées, quasi désertes.
Le deuxième personnage - elle - est une princesse romaine résidant dans un hôtel de luxe, fréquentant les milieux snobs et cosmopolites, et venue là pour une salle des ventes, à la recherche d'oeuvres d'art.
Le troisième personnage - lui - est le guide d'un groupe de touristes minables traîné à l'économie de monument en monument. Guide dont l'érudition et la distinction contrastent étrangement avec une valise râpée et un imperméable constellé de taches.
Ce qui résultera de leur imprévisible rencontre, et pourquoi celle-ci prendra sans cesse des allures d'énigme, c'est l'objet de ce roman. Où l'ironie et le sens du détail vrai, qui sont propres à Fruttero et Lucentini, se doublent de tendresse, de nostalgie - de profondeur.


Avis : Je me suis laissée emporter par le livre où le temps est totalement distordu. De promenades en excursions dans la ville, nous découvrons Venise et les deux protagonistes principaux. Elle se dévoile plus facilement que lui.
C'est un livre hors du temps et en même temps, très ancré dans le présent face au temps qui s'écoule.

J'ai adoré les passages avec le maître d'hôtel Oreste Nava. Ils fourmillent de description des personnages : succulents à lire, de même que la scène du dîner chez Cosima.

Un livre à savourer tranquillement.


mardi 6 février 2018

"La disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez

Pour Noël, j'ai reçu quelques livres dont "La disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez.

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Titre : "La disparition de Josef Mengele"
Auteur : Olivier Guez
Genre : Récit, biographie historique
Editeur : Grasset
Parution : 2017 / 240 pages
ISBN : 978-2246855873


Ce qu'en dit l'éditeur : 1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.


Avis : J'avais entendu parler de ce livre, entre autre pour le prix Renaudot qu'il a reçu.
J'ai eu du mal à m'habituer au style de l'auteur, surtout à cause du livre lu juste avant. Les pensées y étaient décrites avec précision, le lecteur plongeait dans la tête du narrateur. Là, c'est tout l'inverse. Seuls les faits sont retranscrits. En soi, ce n'est pas gênant du tout, mais j'ai eu du mal à faire la transition.
Finalement, une fois que je suis rentrée dans le style de l'auteur, j'ai plus apprécié le livre.
C'est intéressant de découvrir cette fuite incessante (rassurant)

Un livre qui nous en apprend un peu plus sur notre histoire.


mardi 30 janvier 2018

"Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver

Comme c'est le premier billet de l'année, je vous souhaite une BONNE ANNÉE 2018, avec de nombreuses lectures.
Durant les réunions du club de lecture, nous donnons les titres des coups de cœur que nous avons rencontrés durant le mois. Plusieurs fois, un livre est ressorti et j'ai eu grande envie de le lire. Il s'agit de "Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver. Cela fait un moment qu'il était dans ma PAL et durant les vacances de Noël, je l'ai enfin lu.

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Titre : "Il faut qu'on parle de Kevin"
Auteur : Lionel Shriver
Genre : récit 
Editeur : J'ai lu
Parution : 2008 / 608 pages
ISBN : 978-2290003237


Ce qu'en dit l'éditeur : La veille de ses seize ans, Kevin se livre à un massacre sanglant dans son lycée. Détruite par ce drame, Eva, sa mère, entame avec son époux une correspondance poignante pour comprendre cet enfant qui, depuis sa naissance, s'acharne à faire le mal. Des humiliations imposées à sa sœur aux cruautés infligées à ses camarades, elle retrace l'itinéraire meurtrier de son fils.


Avis : Un film a été tiré de ce livre et la couverture présente les visages des deux personnages principaux : Kevin et Eva, sa mère.

Le style de la correspondance est très facile à lire et nous plongeons directement dans les pensées d'Eva. Elle écrit à son mari, le père de Kevin, en commençant par le moment de la conception de Kevin. Ce fils pas entièrement voulu, avec lequel elle n'arrive pas à tisser de liens va chambouler sa vie.
Tout le long, les relations entre les différents membres de la famille sont décrits avec précision et il est très intéressant de les découvrir. L'auteur nous partage également quelques réflexions sur la société américaine ou la société en général.
Le livre termine en apothéose et m'a laissée tendue et épatée par toutes ces descriptions des relations et en particulier celle de Kevin et Eva.

Un livre magistral, au thème noir.


mercredi 22 novembre 2017

"Brooklyn Paradis - Saison 3" de Chris Simon

J'ai déjà chroniqué plusieurs livres de Chris Simon : "Lacan et la boîte de mouchoirs - Saison 1", "Memorial Tour" et les saisons 1 et 2 de "Brooklyn Paradis". Je l'avais également interviewé sur mon site pro. A ces quelques phrases, il est évident que c'est une auteur dont j'apprécie la plume.
Je la remercie de m'avoir transmis "Brooklyn Paradis - Saison 3".

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Titre : "Brooklyn Paradis - Saison 3"
Auteur : Chris Simon
Genre : thriller, humour
Editeur : indépendant
Parution : 2017 / 160 pages
ISBN : 979-1-092982-39-8


Ce qu'en dit l'éditeur : Vous si vous étiez riches, seriez-vous des bons riches ? Courtney Burden a tout : un riche et beau mari, Jeb ; deux magnifiques enfants, Cameron et Sawyer ; un métier créatif et une brownstone de trois étages à Brooklyn, New York, là où tout le monde veut vivre. Alors pourquoi chine-t-elle dans les rues ? A-t-elle un problème ? Est-elle cinglée ? Non, juste une chineuse compulsive qui adopte les objets pour se rassurer…
Avait-elle besoin de ramasser ce canapé au petit matin au bord du fleuve et de le ramener chez elle ? Non, mais elle le croyait abandonné sur ce parking paumé. Sauf qu’il ne l’était pas. Et qu’il appartient à des gars pas cool du tout, qui tiennent à leurs affaires… Et que ces gars, super vénères, vont tout faire pour le récupérer. Et ça, c’est le début de la fin pour Courtney et les siens.

Cocaïne, gangsters, argent et sexe : les meilleurs ingrédients pour faire exploser une famille modèle. Il y a une bonne dose d’humour aussi… pour sauver les meubles.
 

Avis : Quel plaisir de retrouver tous les personnages ! (à part Jason)
L'histoire se déroule, comme les autres fois, de manière rythmée et le livre s'avale. Les personnages évoluent. On a envie de secouer Cameron (ah ces ados !), on découvre le passé de Courtney, etc.
On se laisse emporter par leur vie.

Et mon imagination s'enflamme à chaque fois que je croise un canapé sur un trottoir. Je n'arrête plus d'en voir ! Le dernier date de la semaine dernière, un violet qui attendait près d'un conteneur. Le précédent, à Londres, était blanc et attendait que ses propriétaires se reposent du déchargement et viennent le chercher... Et si Courtney passait par là ?

Un bon moment de lecture, qui dure malheureusement pas assez longtemps.


mardi 14 novembre 2017

"Par le vent pleuré" de Ron Rash

Chaque année, au moment de la rentrée littéraire, ma libraire organise une soirée où elle nous conseille quelques livres qu'elle et sa collègue ont sélectionnés. Souvent, elles préfèrent nous parler des livres qui ne font pas les gros titres. Dans leur sélection, j'avais repéré "Par le vent pleuré" de Ron Rash.

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Titre : "Par le vent pleuré"
Auteur : Ron Rash
Traducteur : Isabelle Reinharez
Genre : récit
Editeur : Le Seuil
Parution : 2017 / 208 pages
ISBN : 978-2021338553


Ce qu'en dit l'éditeur : Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s'appelait Ligeia, et personne n'avait plus entendu parler d'elle depuis un demi-siècle.

1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l'insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C'est l'époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d'une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu'elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l'éternelle confrontation d'Abel et de Caïn.

"Rash est un conteur envoûtant, qui fait monter avec brio la tension entre le passé et le présent de l'histoire. Une histoire fondée sur le contrôle, le Mal et la nature même du pouvoir, celui de sauver comme celui de tuer." The Washington Post

Ron Rash, né en Caroline du Sud en 1953, a grandi à Boiling Springs et obtenu son doctorat de littérature anglaise à l'université de Clemson. Il a écrit à ce jour quatre recueils de poèmes, six recueils de nouvelles – dont Incandescences (Seuil, 2015), lauréat du prestigieux Frank O'Connor Award, et cinq autres romans, récompensés par divers prix littéraires : Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize, James Still Award. Une terre d'ombre (Seuil, 2014) a reçu le Grand Prix de Littérature policière. Ron Rash vit en Caroline du Nord et enseigne la littérature à la Western Carolina Universit
 

Avis : L'histoire alterne entre le passé et le présent. Le narrateur est l'un des deux frères.
La fresque de la vie dans cette petite ville durant l'été 69 y est vraiment bien décrite. Le lecteur s'y croirait.

La relation entre les deux frères est riche et nous en comprenons toute la teneur tout au long du roman.
Le suspens n'est pas l'élément primordial, car nous devinons aisément, grâce au recul du lecteur, ce qui a pu arriver à Ligeia.
Cependant, même si le suspens ne m'a pas tenu en haleine, j'ai dévoré le livre, voulant connaître les tenants et aboutissants.

Une fresque familiale très agréable à lire.


mardi 7 novembre 2017

"La théorie des nuages" de Stéphane Audeguy

Pour le rendez-vous de novembre du club de lecture, ma librairie nous a demandé de lire "La théorie des nuages" de Stéphane Audeguy.

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Titre : "La théorie des nuages"
Auteur : Stéphane Audeguy
Genre : Récit
Editeur : Folio
Parution : 2007 / 336 pages
ISBN : 978-2070344635


Ce qu'en dit l'éditeur : "Il est question de nuages et Virginie Latour commence à comprendre. Elle comprend qu'au début du dix-neuvième siècle quelques hommes anonymes et muets disséminés dans toute l'Europe, ont levé les yeux vers ciel. Ils ont regardé les nuages avec attention, avec respect même ; et, avec une sorte de piété tranquille, ils les ont aimés."
Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, une jeune femme à qui il raconte des histoires de chasseurs de nuage. Celle de Luke Howard qui inventa leurs noms, celle de Richard Abercrombie qui fit le tour du monde pour voir s'ils étaient partout identiques, d'autres encore, aussi surprenantes que le jeu des nuées.


Avis : La première phase de lecture a été aérienne pour moi. Tout en douceur. Pourtant, les successions d'histoires entrecoupées, interrompues et reprises n'arrivaient pas à m'attacher au livre.
Enfin, lorsque l'auteur se concentre sur Richard Abercrombie, j'ai trouvé plus de sens à l'ouvrage et la découverte de ce protocole me l'a plus apprécié.

Un livre qui le laisse lire au gré des divagations des nuages.


mardi 24 octobre 2017

"Le livre que je ne voulais pas écrire" d'Erwan Lahrer

En cette fin d'année, ma libraire est très active et a organisé la venue de nombreux auteurs, dont Erwan Lahrer pour son dernier ouvrage, "Le livre que je ne voulais pas écrire".

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Titre : "Le livre que je ne voulais pas écrire"
Auteur : Erwan Lahrer
Genre : récit 
Editeur : Quidam Editeur
Parution : 2017 / 268 pages
ISBN : 978-2374910635


Ce qu'en dit l'éditeur : Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.


Avis : Erwan Larhrer était dans la fosse du Bataclan le 13 novembre 2015. Le seul écrivain présent.

Il a longtemps hésité avant d'écrire ce livre. Pour savoir comment l'aborder, savoir quel angle prendre. Et il a réussi à créer son objet littéraire.
C'est fabuleux de voir comment il a sublimé cette catastrophe, de voir comment un écrivain traite un fait d'actualité (qui lui est arrivé).

Je vous recommande de le lire pour cela, mais aussi pour son style, très agréable. Pour son humour et pour l'amour qui se dégage de ce livre.
Car oui, même si tout part de la haine de trois personnes, j'ai trouvé que c'est l'amour et la bienveillance qui se dégage de cet objet littéraire.
En refermant le livre, on croit à la vie.

Un livre à lire.